Orientation · Terminale

Choisir sa filière : penser à la sortie de secours

À dix-sept ans, personne ne peut être certain de son choix. Le bon critère n'est donc pas seulement « est-ce que cela me convient », mais aussi « que puis-je faire si je me trompe ».

Pourquoi ce critère compte

Une part importante des étudiants change de voie après la première année. Ce n'est pas un accident : c'est la conséquence normale d'une décision prise à dix-sept ans avec une information partielle.

Dès lors, la question n'est pas seulement de faire le bon choix — objectif difficile à garantir — mais de faire un choix dont l'erreur coûterait peu.

Deux formations également intéressantes peuvent différer considérablement sur ce point.

Ce qui rend un choix réversible

Un tronc commun étendu en première année. Plus les enseignements sont partagés avec d'autres mentions, plus une bifurcation reste possible sans perte.

Des passerelles organisées. Certaines formations prévoient explicitement des réorientations en cours ou en fin de première année. C'est une information à demander.

Des acquis transférables. Une première année de licence apporte une méthode de travail universitaire valorisable ailleurs ; une année très spécialisée l'est moins.

Une spécialisation progressive. Un cursus qui se spécialise en deuxième ou troisième année laisse le temps d'affiner le projet.

Ce qui rend un choix peu réversible

Une spécialisation immédiate et étroite. Elle est un atout si le projet est mûr, un piège s'il ne l'est pas.

Un engagement financier lourd. Une école privée à plusieurs milliers d'euros par an rend le changement de voie coûteux, y compris psychologiquement : on hésite à « perdre » ce qui a été investi.

Un cursus intégré sur plusieurs années. Certains parcours ne délivrent aucun diplôme intermédiaire : sortir en cours de route laisse sans rien.

Une mobilité géographique importante. Un déménagement dans une autre région rend le retour en arrière lourd.

Les formations qui laissent le plus d'options

Les licences généralistes, particulièrement dans les domaines à tronc commun large. Elles permettent de bifurquer vers une autre mention, un BTS, un BUT, une licence professionnelle, ou de poursuivre en master.

Les BUT, qui délivrent un diplôme national à bac+3 tout en permettant l'entrée dans la vie active, la poursuite en master ou l'intégration en école.

Les classes préparatoires, qui offrent des équivalences universitaires et plusieurs concours possibles.

Les BTS, qui délivrent un diplôme à bac+2 permettant l'emploi immédiat ou la poursuite en licence professionnelle ou en école.

Le cas des cursus binationaux

Une particularité locale mérite d'être signalée, car elle joue dans les deux sens.

Les cursus intégrés franco-allemands débouchent sur un double diplôme reconnu dans les deux pays. En termes de réversibilité, ils élargissent plutôt les options : ils ouvrent deux marchés du travail et deux systèmes universitaires.

La contrainte tient au niveau de langue et à la mobilité imposée. Un étudiant qui découvre en cours de route que la mobilité ne lui convient pas peut généralement basculer vers le parcours national correspondant — mais ce point mérite d'être vérifié auprès de la formation avant de s'engager.

Ce que « garder des portes ouvertes » ne veut pas dire

Ne pas choisir. Retarder indéfiniment la spécialisation par crainte de se tromper produit des profils indéfinis, moins employables que des profils spécialisés.

Choisir par défaut. Une licence généraliste choisie sans intérêt pour la discipline, uniquement parce qu'elle n'engage à rien, conduit au décrochage comme n'importe quel autre mauvais choix.

Renoncer à un projet mûr. Si vous savez ce que vous voulez faire et que vous l'avez vérifié, la spécialisation immédiate est le bon choix. La réversibilité est un critère de prudence, pas un impératif.

La question à poser en portes ouvertes

Une seule, et elle est révélatrice : « Que deviennent les étudiants qui arrêtent en cours de première année ? »

Une formation qui a réfléchi à cette question, qui connaît ses taux d'abandon et qui a organisé des passerelles vous dit quelque chose sur son sérieux pédagogique.

Une formation qui élude la question, ou qui affirme que personne n'abandonne, vous en dit également quelque chose.

Le calcul final

Mettez en balance, pour chaque formation envisagée : l'intérêt du contenu, l'adéquation au format, le coût, les débouchés — et ce qu'il reste si vous changez d'avis.

À intérêt égal, la formation la plus réversible est le meilleur choix. C'est un critère de bon sens que les guides d'orientation mentionnent rarement.

Questions fréquentes

Faut-il éviter les formations très spécialisées ?

Pas si le projet est mûr et vérifié. Mais leur choix suppose plus de certitude qu'un cursus généraliste, qui permet d'affiner en cours de route.

Les crédits obtenus sont-ils toujours transférables ?

Ils restent acquis, mais leur reconnaissance dans une autre formation dépend de la proximité des cursus et de la décision du responsable pédagogique.

Un cursus généraliste retarde-t-il l'insertion ?

Pas nécessairement. Il déplace la spécialisation en master ou en licence professionnelle, ce qui permet de la choisir avec davantage d'informations.

Comment savoir si une formation est réversible ?

En regardant la première année : plus elle comporte de tronc commun et d'enseignements transférables, plus la bifurcation reste possible.

Une question sur votre parcours ?

Signalez-nous une information à corriger, proposez un sujet ou posez votre question : l'équipe éditoriale lit tous les messages.

Nous écrire →